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Arièle Kazmierczak est professeur de lettres au lycée
J-B. Vuillaume de Mirecourt. Dans ces poèmes, elle cherche à exprimer son expérience spirituelle et partager son espérance.
LE ROYAUME


C’était un monde souriant
De toutes ses dents acérées,
Et dans la ville, marchaient des piétons sans âme …


QUÊTE

Il partit sans savoir où il allait…
Loin de la ville, quelque part dans le désert,
Abandonnant derrière lui ses bagages trop lourds,
Les faux dieux, les valeurs artificielles,
De puits en puits et plus loin encore,
Comptant les étoiles du ciel
Portant l’espoir d’une promesse à venir.
Qu’est-ce qui nous pousse hors de nos murs,
Hors de nous-mêmes ?
Plus loin, là où on ne sait plus ?

Mais, tu n’es pas seul
Dans la solitude sonore du désert
Un souffle si léger
Te rappelle sa Présence
Peuplant l’invisible.
Venu de nulle par
Allant on ne sait où.
Juste de passage.
Comment suivre ses traces si ce n’est par la foi ?

Chaque pas nous éloigne et nous rapproche à la fois.
Et au bout du bout,
Au-delà de l’autre versant,
Ou bien tout en haut de la crête,
Quand bien même tu ne t’y attendais plus,
Il est là, comme un rêve longtemps poursuivi
Et toi-même, rêve rêvé avant même d’être,
Comme un rêve de tendresse
Qui ne t’avait jamais quitté.
Alors le chemin prend tout son sens.



APPROCHE

Un petit sentier de montagne que l’on gravit avec peine,
Le nez sur les cailloux, les jambes douloureuses, à la recherche du souffle.
Mais chaque pas nous élève – quoiqu’il nous coûte,
Nous allons vers la récompense que nous espérons là-haut.
Les marcheurs ne manquent pas de nous saluer, d’un coup d’œil,
Ils ont vu le même amour qui nous jette sur le chemin.
La montée souvent n’a rien  à voir avec les promesses du sommet,
Les flancs arides, les cailloux qui roulent sous les pieds,
Des montées abruptes, impossibles à suivre en ligne droite – la courbe domine.
Peu de choses en distraction.
On finit par se tourner vers l’intérieur
– et c’est comme si le paysage nous pénétrait,
Comme si nous l’habitions d’une autre manière plus légère –
Ou bien nos pensées en forme de montagnes
Habitées par des pensées devenues prières,
Comme une trouée dans le ciel,
Un cœur dont on aurait fait sauter les verrous,
Une pensée non centrée sur soi-même,
Une rencontre longuement préparée,
Survient l’inespéré.



LE ROYAUME

Il s’agit d’un Royaume…
Alors que j’interroge le vent dans un ciel d’été,
La forme des nuages – comme un besoin de verticalité.
Où sont les sources de la Vie ?
Nostalgie d’un pays natal dans la brume des souvenirs,
Pour tout étranger sur cette terre.

Une quête d’un Royaume
Inconnu des géographes et des arpenteurs.
Nulle carte ne saurait le définir :
Consulte la boussole de ton cœur.
Des gens parfois s’en rappellent comme d’une Parole,
D’autres le cherchent depuis si longtemps à la manière des aveugles,
Et, pensant se trouver eux-mêmes, se perdent,
L’abandonnant à des chemins plus séduisants.
Toujours il échappe aux convoitises,
Par la force on ne peut le conquérir.
Il ne se mérite pas,
Et ses trésors sont gratuits.

Longtemps je l’ai attendu,
Souvent je l’ai cherché,
Moi qui ne savais pas
Moi qui ne comprenais pas
Qu’un Royaume qu’on ne voyait pas
Puisse nous dicter sa Loi.

Il est question d’un Royaume
Qui nous attend comme un accomplissement
- un territoire sacré, où nous marchons pieds-nus vêtus de robes pures.
Un seul chemin pour y aller,
Il s’appelle Jésus-Emmanuel.
Un Royaume qui se révèle
Si tu y crois.
Vois avec Ses yeux,
Touche,
Respire,
Comme si tu commençais à vivre enfin
Dans un nouvel élan,
Aime avec Son cœur.
Que le monde est beau à présent réconcilié !
N’aie pas peur,
Accueille ces dons,
Et empare-toi de ce Royaume !



ANABASE

Je suis habitée d’un pays qui ne connaît pas de limites, un espace qui dit sa soif de profondeur invitant tout mouvement susceptible de le prolonger.
Je suis habitée d’un paysage dont le mystère murmure doucement à mon oreille une présence invisible mais si présente.
Je suis habitée d’une terre que seuls les mots peuvent sillonner explorant toutes limites.
Je suis habitée d’un vent rafraîchissant comme le torrent d’eau vive qui naît sous les glaciers, et si pur qu’on le sait suffisant à toute ardeur.
Je suis habitée d’une multitude de vies qui reposent çà et là comme des papillons colorés prêts à s’envoler.
Une patrie enfin retrouvée où tout est si plein et la rencontre enfin possible.
Géographie de l’âme
où des petits chemins nous rapprochent de Lui.
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